Critères diagnostiques du DSM-5

Média social

DSM-5_3DEn Amérique du Nord, les professionnels de la santé utilisent la cinquième édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5) (révisé en mai 2013) pour évaluer le trouble du spectre de l’autisme (TSA). Pour mettre la main sur un exemplaire de ce manuel, visitez le site Web de l’Association américaine de psychiatrie.

Afin de mieux comprendre les différences entre le DSM-IV et le DSM-5, visionnez cette excellente présentation de Doreen Granspeesheh, Ph. D.

Pour vous faciliter la tâche, vous trouverez ci-dessous un extrait du DSM-5 qui correspond à la section sur le trouble du spectre de l’autisme.  (Le DSM-5 est publié en anglais. Aucune traduction officielle de langue française n’est disponible. Les traductions ci-dessous sont donc des traductions « libres ».)


Trouble du spectre de l’autisme 299.00 (F84.0)

A.  Déficits persistants dans la communication et l’interaction sociales dans plusieurs contextes, tels que ceux indiqués dans le texte suivant, observés actuellement ou qui l’ont été (il ne s’agit que d’exemples, et non de descriptions exhaustives) :

  1. Déficits de la réciprocité sociale et émotionnelle, allant d’une approche sociale anormale et de déficits dans la conversation, à des difficultés à partager des intérêts ou des émotions, à l’impossibilité de faire débuter des interactions sociales, ou d’y répondre.
  2. Déficits en matière de comportements non verbaux dans l’interaction sociale, allant d’une communication verbale ou non verbale mal intégrée au contexte, à des anomalies dans le contact visuel et l’utilisation du langage du corps à des déficits dans la compréhension et dans le recours à des gestes ainsi qu’ à un manque total d’expressions faciales et de communication non verbale.
  3. Déficits du développement, du maintien et de la compréhension des relations, allant de la difficulté à adapter son comportement en fonction des différents contextes sociaux aux difficultés à partager, à jouer un jeu imaginaire ou à se faire des amis et à l’absence d’intérêt pour les pairs.
N.B. Spécifiez la sévérité actuelle :
la sévérité est celle des déficiences de la communication sociale et des comportements répétitifs et restreints (voir le tableau 2).

B. Comportements, intérêts ou activités restreints, ou répétitifs, tels qu’au moins deux des éléments observés actuellement ou qui l’ont été (il ne s’agit que d’exemples, et non de descriptions exhaustives) :

  1. Mouvements stéréotypés, gestes moteurs répétitifs, utilisation d’objets, parole (par exemple, les stéréotypies motrices simples, l’alignement de jouets ou le retournement des objets, l’écholalie, l’utilisation des phrases idiosyncrasiques).
  2. Insistance sur la similitude, adhésion inflexible à des routines, rituels verbaux ou non verbaux (par exemple, une détresse extrême en face de petits changements, difficultés avec des transitions, modèles de pensée rigides, rituels de salutation figés, besoin de prendre les mêmes itinéraires ou insister pour manger la même nourriture tous les jours).
  3. Intérêts très restreints et limités (persévératifs) , qui sont anormaux dans leur intensité ou leur cible (focus) (par exemple, un fort attachement à ou une grande préoccupation avec des objets inhabituels (insolites), ou des intérêts trop circonscrits ou intérêt de type persévératifs.
  4. Hyper-ou hyporéactivité aux stimuli sensoriels ou intérêts inhabituels dans les aspects sensoriels de l’environnement (par exemple, une apparente indifférence à la douleur / température, réaction indésirable à des sons ou des textures spécifiques, odorat ou touché excessif des objets, une fascination visuelle avec des lumières ou des mouvements).
N.B. Spécifiez la sévérité actuelle :
la sévérité est celle des déficiences de la communication sociale et des comportements répétitifs et restreints (voir le tableau 2).

C. L’apparition de symptômes a lieu durant la période de développement (jeune enfance). Mais ils peuvent se manifester pleinement que lorsque les exigences de l’environnement social dépassent les capacités limitées de l’enfant à y répondre adéquatement (p. ex., durant la très jeune enfance, ou que ces exigences sont masquées par des stratégies apprises plus tard dans la vie).

D. Les symptômes causent des déficits cliniquement observables dans les domaines sociaux et professionnels, ou dans les autres sphères importantes d’activités.

E. Ces perturbations ne sont pas mieux expliquées par une déficience intellectuelle développementale ou un retard global du développement. La déficience intellectuelle et les troubles du spectre de l’autisme sont fréquemment comorbides. Pour établir un diagnostic de déficience intellectuelle et de troubles du spectre de l’autisme, la communication sociale devrait être inférieure au stade de développement attendu.

NOTE :  Les personnes ayant fait l’objet d’un diagnostic DSM-IV bien établi de troubles autistiques, du syndrome d’Asperger ou d’un trouble envahissant du développement- non spécifié devraient recevoir le diagnostic de troubles du spectre de l’autisme.

TABLEAU 2 :  NIVEAU de SÉVÉRITÉ

Niveau 3 : « Requérant un soutien très important »

Communication sociale :

De graves déficits au niveau des compétences de communication sociale verbale et non verbale, provoquant des déficiences graves dans le fonctionnement. Initiation très limitée des interactions sociales et une réponse minimale aux avances sociales des autres.

Comportements répétitifs et restreints :

Manque de souplesse des comportements, difficulté extrême à faire face au changement ou d’autres comportements restreints / répétitifs interférant nettement avec le fonctionnement dans tous les domaines et grande détresse / difficulté à changer d’orientation ou d’action.

Niveau 2 : « Requérant un soutien important »

Communication sociale :

Déficits marqués au niveau des compétences de communication sociale verbales et non verbales. Atteintes sociales apparentes, même avec supports en place. Initiation limitée des interactions sociales, avec réponses réduites ou anormales aux ouvertures sociales des autres.

Comportements répétitifs et restreints :

Inflexibilité du comportement, difficultés à s’adapter au changement. D’autres comportements restreints / répétitifs assez fréquents pour être évidents à l’observateur occasionnel et interférer avec le fonctionnement dans plusieurs contextes. Mise au point ou l’action détresse et / ou des difficultés à changer.

Niveau 1 : « Requérant un soutien »

Communication sociale :

Sans soutien en place, déficits au niveau de la communication sociale provoquant des déficiences notables. Difficulté à initier des interactions sociales, exemples clairs de réponse atypique ou échec aux ouvertures sociales des autres. Semblance d’un intérêt diminué pour les interactions sociales.

Comportements répétitifs et restreints :

Inflexibilité du comportement, interférence significative avec le fonctionnement dans un ou plusieurs contextes. Difficulté de commutation entre les activités. Problèmes d’organisation et de planification entravant l’indépendance.

RÉFÉRENCE :
Garcin, N & Moxness, K (2014) Traduction Maison, inédite, des critères diagnostic du Trouble du spectre de l’autisme au DSM-5