L’évolution de l’autisme

Média social

De 1942 à aujourd’hui

L’autisme classique a été découvert pour la première fois en 1942 par le docteur Leo Kanner à l’Hôpital John’s Hopkins. Le TSA est considéré comme un trouble médical depuis seulement quelques décennies, mais plusieurs indices dans l’histoire laissent croire que l’autisme existait bien avant le 20e siècle.

Les causes possibles de l’autisme sont loin d’être élucidées. À une certaine époque, on pensait que l’autisme était causé par l’indifférence ou la froideur des parents. Par la suite, on a classé l’autisme à tort dans la catégorie des psychoses ou d’un type de schizophrénie infantiles.

Le style d’éducation des parents n’engendre pas le développement d’un TSA chez leurs enfants. De nos jours, la recherche se concentre sur les causes possibles comme la génétique, les fonctions cérébrales biologiques, le développement du cerveau prénatal et postnatal, les facteurs environnementaux, les infections virales, et les réponses et les déficiences immunitaires. Plusieurs causes possibles sont actuellement étudiées.

On parle bien souvent des TSA à l’aide de leurs termes historiques (c’est-à-dire, précédant le DSM-5) :

  • Le trouble autistique (aussi appelé « autisme », « autisme classique », ou encore « TA »)
  • Le TED-non spécifié (Trouble envahissant du développement non spécifié)
  • Le syndrome d’Asperger (aussi appelé « SA », « les Aspergers » ou le « trouble d’Asperger »)

Le trouble envahissant du développement non spécifié (TED non spécifié)

Avant le DSM-5, le diagnostic du TED non spécifié était établi quand les critères stricts de l’autisme et du syndrome Asperger n’étaient pas remplis par un patient. Les personnes diagnostiquées avaient aussi des problèmes dans leurs relations sociales, des problèmes de communication et des comportements répétitifs. Habituellement, les personnes atteintes d’un TED non spécifié avaient des retards de langage.

En quoi le syndrome d’Asperger (SA) est-il différent de l’autisme classique?

Le SA a été découvert par le docteur Hans Asperger en Autriche en 1944, mais il a fallu attendre jusqu’en 1994 pour que les résultats de ses travaux soient inclus dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux de l’Association américaine de psychiatrie. Après des années de mauvais diagnostics, le SA est plus reconnu aujourd’hui. En Amérique du Nord, on remarque une augmentation considérable du nombre de personnes diagnostiquées.

  • Le SA est souvent considéré comme un type d’autisme fonctionnel, de « haut niveau ». Il n’y a pas de consensus dans les milieux cliniques à savoir si le SA n’est qu’une forme plus modérée du trouble de l’autisme ou s’il relève plutôt d’un autre trouble.
  • Le terme de « haut niveau » peut porter à confusion, car ce type d’autisme ne se traduit pas forcément par des besoins plus modestes.
  • Le SA a tendance à être remarqué et diagnostiqué assez tard chez les enfants, la moyenne de diagnostic étant de trois ans après le début de l’école. Le SA est aussi diagnostiqué bien plus tard chez les adolescents et les adultes.
  • Les règles implicites, souvent prises pour acquis, dans les interactions sociales réciproques et en communication, comme le langage corporel, la distance et les expressions sociales, le discours abstrait ainsi que l’humour sont difficiles à comprendre pour les personnes atteintes du SA.
  • Plusieurs personnes atteintes d’un SA souhaitent se faire des amis, mais n’ont pas les compétences sociales pour faire des rencontres et entretenir leurs amitiés. L’incapacité de donner en retour ou de partager les sentiments de leurs interlocuteurs, d’écouter les opinions des autres et de comprendre leurs émotions compliquent beaucoup le cours normal de la vie sociale, comme se faire des amis et les garder.
  • Les personnes atteintes du SA ont une compréhension littérale du monde qui les entoure et sont inflexibles en matière de règles et d’habitudes. L’adhésion systématique à des cycles de comportements ou des rituels est commune. Leurs activités et leurs centres d’intérêt sont souvent limités. Des changements soudains dans la routine, l’environnement et les attentes deviennent une grande source d’anxiété. De plus, les bains de foule et la rencontre avec des étrangers sont souvent troublants.
  • De manière générale, les personnes atteintes d’un SA n’ont pas de retard de développement (apprentissage et cognition) et ont des habiletés cognitives parfois plus développées que la moyenne. Si le discours oral des personnes atteintes d’un SA est parfois mécanique, elles n’ont pas forcément de retard de langage. Il est tout à fait possible qu’elles possèdent un vocabulaire riche pour leur âge et qu’elles aient de fortes habiletés de lecture. Il n’en demeure pas moins qu’elles ont de la difficulté avec les usages sociaux du langage et avec la communication non verbale. L’évaluation de leurs besoins individuels est centrale et le recours à l’évaluation fonctionnelle serait plus pertinent que l’évaluation cognitive.
  • Certaines personnes atteintes d’un SA ont une mémoire exceptionnelle. Lorsque celle-ci se double d’un intérêt obsessif ou d’une créativité débordante et que l’entourage de la personne atteinte crée un environnement propice au développement de ses compétences particulières, un haut niveau d’expertise et de réussite peut être atteint. L’histoire fourmille d’exemples de penseurs, de mathématiciens et de musiciens brillants, qu’on soupçonne d’avoir été atteints du syndrome d’Asperger.

La situation actuelle

Au mois de mai 2013, l’Association américaine de psychiatrie (American Psychiatric Association, APA) a publié la cinquième édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5). Le DSM est la référence pour diagnostiquer les maladies et les troubles mentaux en Amérique du Nord. Sa dernière révision remontait à 1994. La version la plus récente établit une nouvelle catégorie diagnostique appelée Trouble du spectre de l’autisme, qui remplace les anciens diagnostics de trouble autistique, de syndrome d’Asperger et de TED (Trouble envahissant du développement) non spécifié.