Acides gras essentiels

Aperçu du traitement

Les acides gras essentiels (AGE) sont des composés que l’organisme ne peut produire lui-même, mais qui sont essentiels au bon fonctionnement de nombreux processus biochimiques fondamentaux. On compte deux groupes d’AGE : les oméga-6 et les oméga-3. Les concentrations relatives d’oméga-6 et d’oméga-3 dans l’organisme sont importantes pour la santé et le développement du cerveau et du corps humain. Une alimentation beaucoup plus riche en oméga-6 qu’en oméga-3 peut avoir des conséquences négatives sur les facultés cognitives, l’humeur et le comportement. On estime que le rapport idéal entre ces acides gras essentiels est de 2,3 molécules d’oméga-6 pour 1 molécule d’oméga-3. Or, le régime alimentaire de la majorité des Nord-Américains est trop riche en oméga-6 et trop pauvre en oméga-3, leur rapport estimé se situant entre 10 et 20 molécules d’oméga-6 pour 1 molécule d’oméga-3.

Les céréales, les aliments transformés, la viande, le lait, les œufs et l’huile de maïs contiennent tous des oméga-6. Les œufs (en particulier les œufs oméga-3), l’huile de canola et les noix sont des sources d’oméga-3, quoique ce soient les poissons gras comme la morue, le thon, le flétan, le maquereau, le hareng, la truite, les sardines et le saumon qui en contiennent le plus.

Les oméga-3 peuvent être intégrés à l’alimentation d’un enfant par la prise de suppléments d’huile de poisson, qui sont offerts en vente libre ou en ligne par les épiceries, les pharmacies ou les marchés d’aliments santé. Ces suppléments peuvent être pris une ou plusieurs fois par jour. On sait que les enfants peuvent éprouver de la difficulté à avaler les gélules d’huile de poisson. Il existe toutefois plusieurs autres façons d’intégrer les oméga-3 à leur alimentation, dont les comprimés à mâcher et les poudings aromatisés. On peut également presser une gélule pour adulte dans la bouche d’un enfant ou la faire avaler à un enfant plus âgé.

Sans égard à l’âge, la dose recommandée d’acides gras essentiels oméga-3 de types ADH (acide docosahexaénoïque) et AEP (acide éicosapentaénoique) est d’au moins 650 mg par jour au total. On conseille d’obtenir un suivi médical si les doses quotidiennes dépassent 3 g. À ce jour, aucune étude n’a permis de déterminer la dose optimale pour les enfants atteints d’autisme. En revanche, des recherches sur d’autres troubles ont démontré que la dose idéale varie en fonction du trouble dont l’enfant est atteint et qu’elle se situe vraisemblablement entre 1 et 2 g par jour. Les études menées sur l’administration de suppléments d’acides gras essentiels dans le traitement de l’autisme et de troubles connexes ont porté sur des doses d’oméga-3 se situant entre 540 et 2 320 mg (entre 0,5 et 2,3 g/jour). Si vous optez pour un traitement complémentaire à base d’oméga-3, demandez à votre pédiatre la dose indiquée pour votre enfant.

Les meilleures sources d’oméga-3 pour les familles végétaliennes et végétariennes sont l’huile de lin et plusieurs types d’algues. Les acides gras essentiels contenus dans ces aliments ne sont toutefois pas aussi bénéfiques pour l’organisme que ceux trouvés dans les huiles de poisson.

Seules quelques études ont été réalisées jusqu’à maintenant sur l’efficacité des suppléments d’acides gras essentiels dans le traitement de l’autisme, et aucune d’entre elles n’a été contrôlée de façon rigoureuse. Par exemple, dans l’une de ces études, la majorité des parents de 18 enfants atteints d’autisme qui avaient reçu des suppléments d’huile de poisson pendant une période de six mois ont remarqué chez eux des améliorations globales au chapitre de la santé, des facultés cognitives, du sommeil, des interactions sociales et du contact visuel (doses administrées : 4-8 capsules d’Eye-Q par jour [dose quotidienne de 0,6-1,2 g d’AEP et d’ADH] ou 5-10 capsules de Kirunal par jour [dose quotidienne de 1,2 -2,3 g d’AEP et d’ADH]). Malheureusement, cette étude n’a pas été menée à double insu, ce qui signifie que ses résultats peuvent être dus à un effet placebo. Dans une autre étude de cas, un enfant atteint d’autisme a reçu 540 mg d’omégo-3 de type AEP sur une base journalière pendant quatre semaines. Ses parents et son clinicien ont remarqué une diminution de son anxiété face aux événements quotidiens et une amélioration de sa qualité de vie en général.

En outre, lors d’une étude contrôlée à double insu, 117 enfants atteints de dyspraxie — un trouble moteur fréquemment associé aux déficits cognitifs, comportementaux et sociaux — ont reçu des doses d’huiles de poisson et d’onagre (une source d’oméga-6). On a noté chez eux des améliorations considérables sur les plans de la lecture, de l’épellation et du comportement, et ces améliorations se sont maintenues tant et aussi longtemps que le traitement s’est poursuivi.

Les recherches portant sur l’administration de suppléments d’acides gras essentiels à des doses allant de 540 à 2 320 mg par jour (de 0,5 à 2,3 g/jour) n’ont révélé aucun effet secondaire important. Pour autant que les acides gras essentiels correspondent à moins de 10 % du régime alimentaire quotidien, on ne considère pas qu’ils soient néfastes pour la santé. Toutefois, certains scientifiques ont constaté que les suppléments d’huile de poisson peuvent contenir des contaminants comme du mercure, des hormones, des dioxines et des BPC. Ainsi, lorsque vous achetez des suppléments d’huile de poisson, assurez-vous qu’ils sont purifiés par distillation moléculaire et qu’ils sont de qualité pharmaceutique.

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Par Lara Pullen, Ph.D. L’information sur cette page a été reproduite avec la permission de Healing Thresholds. Copyright (c) 2007, Healing Thresholds, inc. Tous droits réservés.

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